Finance

Quand il pousse son cri, quel oiseau tirelire et que signifie ce mot ?

Petit oiseau brun perche sur une branche bec ouvert

Vous avez croisé la formule dans une grille de mots fléchés, un roman ou une dictée, ou vous avez entendu un chant au-dessus d’un champ qui évoque cette onomatopée. Dans les deux cas, la question est la même : quel oiseau est concerné ? La réponse tient en quelques mots, mais le chant lui-même et l’histoire du mot méritent qu’on s’y arrête.

Quel oiseau « tirelire » ? La réponse : l’alouette

C’est l’alouette, et plus précisément l’alouette des champs, qui tirelire. Dans les dictionnaires, le verbe « tirelirer » s’emploie pour dire que l’alouette pousse son cri ou chante. Si une définition de mots croisés parle d’un oiseau qui « tirelire », la solution la plus courante est donc ALOUETTE.

L’alouette des champs (Alauda arvensis) est un passereau de taille modeste, au plumage brun strié, qui passe l’essentiel de sa vie dans les prairies et les cultures. On la remarque rarement posée au sol, car son plumage se confond avec la terre. On la repère en revanche très bien à l’oreille, parce que son chant d’oiseau est l’un des plus continus et des plus reconnaissables de nos campagnes.

Pourquoi l’alouette : le chant et son onomatopée « tirelire »

Le mot « tirelire » est une onomatopée : il cherche à imiter par des sons une suite de notes aiguës, légères et enchaînées. Le cri d’oiseau de l’alouette ressemble en effet à un ruissellement de trilles, de sifflements et de roulades, sans vraie pause. Les auteurs d’autrefois ont donc traduit ce babil par des syllabes qui sonnent comme « ti-re-li-re ».

Ce qui distingue vraiment l’alouette, c’est qu’elle chante en vol. Le mâle s’élève presque à la verticale, par paliers ou en spirale, et peut monter à plusieurs dizaines de mètres. Il se maintient ensuite sur place, ailes battantes, tout en déroulant son vol chanté pendant parfois plusieurs minutes. Puis il redescend, souvent en se laissant tomber, et se tait juste avant de se poser. Cette scène, très typique des champs au printemps, a marqué les esprits au point de donner à l’oiseau une place durable dans la littérature et la poésie.

Le réflexe pour vérifier à l’oreille

Levez les yeux avant de chercher dans l’herbe : un chant continu qui vient d’un point minuscule dans le ciel, au-dessus d’un champ ouvert, est presque toujours celui de l’alouette. Une application de reconnaissance sonore comme Merlin Bird ID ou BirdNET confirme l’espèce en quelques secondes, à condition de rester immobile et d’enregistrer au moins une dizaine de secondes de chant.

Tirelirer, tirelis : le sens des mots

Alouette perchee sur une branche au lever du soleil

Dans la langue française, les cris d’animaux ont souvent leur propre verbe. Le chien aboie, le cerf brame, la grenouille coasse, et l’alouette, elle, tirelire ou grisolle. Ces verbes de cris sont parfois très précis, parfois très rares, ce qui explique qu’on ne les rencontre plus que dans les dictionnaires, les mots croisés et les textes anciens.

« Tirelirer » est de cette famille : il décrit le fait, pour l’alouette, de chanter. Le nom « tirelis » appartient à la même racine onomatopéique et renvoie au chant ou au cri de ce passereau. Autre verbe voisin, « turlutter » s’emploie lui aussi pour l’oiseau qui module un chant vif et sifflé, et l’alouette en est l’un des exemples classiques. Le verbe courant « chanter » reste bien sûr tout à fait correct, mais il est moins imagé.

Comment reconnaître ce chant dans la nature et ne pas le confondre

L’alouette des champs se cherche dans les zones ouvertes : cultures de céréales, prairies, friches, landes. Son chant s’entend surtout du début du printemps jusqu’en été, avec un pic à l’aube et dans les premières heures de la matinée. Dès la fin de l’hiver, par temps doux, certains mâles commencent déjà à s’exercer.

Quelques critères aident à ne pas se tromper :

  • le chant est ininterrompu et dure souvent plus d’une minute, ce qui est rare chez les autres passereaux ;
  • il vient du ciel, d’un oiseau en vol stationnaire ou en montée ;
  • le timbre est vif, brillant, avec des notes très serrées et variées.

Plusieurs espèces peuvent prêter à confusion. L’alouette lulu a un chant plus mélodieux, fait de motifs flûtés qui descendent comme « lu-lu-lu », et elle le délivre en vol plus circulaire. Le pipit des arbres chante lui aussi en vol, mais en montant puis en redescendant en parachute depuis un perchoir, avec une série de notes plus lente et plus structurée. Le bruant proyer, de son côté, lance un petit cliquetis comparé à un trousseau de clés, depuis un fil ou un piquet.

Enfin, un dernier détail utile : l’alouette des champs porte une petite huppe qu’elle redresse parfois, et ses plumes de la queue montrent un liseré blanc quand elle s’envole. Ces indices visuels, associés au chant en vol, ne laissent généralement pas de doute.

Retenir l’essentiel

Quand un oiseau tirelire, c’est donc l’alouette qui chante, en particulier l’alouette des champs au-dessus d’une prairie ou d’un champ de céréales. Le mot « tirelire » imite son flot de trilles, « tirelirer » désigne son chant et « tirelis » en reprend la racine. La prochaine fois que vous entendrez cette cascade de notes en plein ciel, vous saurez la nommer.

Partager cet article
Article publié par la rédaction de Chroniques du Haut-Vendômois.

A lire aussi

Laisser un commentaire —

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *